Variations boîte à lettre, boîte aux lettres Luc Wépierre
D’abord, est-ce qu’on dit boîte à lettre ou boîte aux lettres ?
le facteur se plaignit de la disparition du chien, l’animal empêchait la boîte aux lettres de le mordre.
Tout jeune, mon père jetait d’énormes pétards dans l’ouverture des boîtes aux lettres, après avoir cassé une épingle dans le bouton de la sonnette.
Dans le Nord, à l’époque les boîtes étaient fixées sur les portes d’entrée à l’intérieur des maisons et comportaient une façade en verre.
A la maison la boîte était un simple volet en bakélite noire protégeant une fente assez large découpée dans la porte. Les chats faisaient claquer le volet de leur museau pour manifester leur intention de rentrer. Personne ne leur avait jamais appris. Pourtant pendant plus de vingt ans, les nombreux chats qui avaient choisi cette maison et certains temps ils étaient jusqu’à quatre à se la partager, connaissaient cette astuce.
Dans un couloir du journal Spirou, il y avait une Boîte aux Lettres qui servait de boîte à idées. Gaston remarqua que la clé de la boîte était abîmée, il la glissa dans une enveloppe avec un petit mot suggérant de la remplacer.
Alors, il glissa l’enveloppe dans la boîte.
Dans mon ancien appartement parisien, la boîte aux lettres servait à échanger toutes sortes de choses indispensables pour des gens qui ne pouvaient pas se croiser. La clé était simplement scotchée sous la boîte.

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Je suis collectionneur
Je suis collectionneur. Je collectionne les Boîtes aux Lettres. Ou plutôt, je collectionne les clefs de Boîtes aux Lettres, mais ce ne sont pas les clefs qui m’intéressent, ce sont les boîtes qu’elles permettent d’ouvrir. C’est une manie qui a commencé avec mon premier déménagement. j’attendais une lettre et même si j’avais fait suivre mon courrier, plusieurs personnes m’avaient raconté que tout ne suivait pas, que les postiers se trompaient pendant le tri ... Bref, j’attendais une lettre et avant de rendre les clefs du logement que je quittais, j’ai fait une copie de la clef de ma Boîte aux Lettres. Je me disais, qu’un jour sur deux je passerais voir si ma lettre est arrivée, je savais que mon appartement ne serait pas occupé tout de suite et quand j’aurais eu ma lettre, je glisserai la clef que je ne devais plus posséder dans la boîte. En fait j’ai eu raison de garder une clef, parce que j’ai récupéré plusieurs factures de cette façon. Par contre la lettre que j’attendais, je ne l’ai jamais eue. Après quelques semaines, je trouvais toujours ma boîte vide et j’aurais du y glisser la clef : la poste semblait faire son boulot et moi de mon côté, j’avais fait mes changements d’adresse. Mais je n’arrivais pas à me décider, je me disais qu’il suffisait que je laisse la clef pour que la lettre arrive le lendemain et si elle n’arrivait pas, ça serait pire encore parce que je penserais qu’elle serait la derrière la façade de métal et que je n’aurais aucun moyen de vérifier. Je me voyais déjà avec un morceau de fil de fer plié en train de farfouiller dans la fente, ce serait ridicule, des gens pourraient passer à ce moment là.
Alors j’ai gardé la clef. Je passais moins souvent, mais au moins, quand j’étais dans le quartier, je pouvais vérifier que ma lettre n’était vraiment pas là et qu’il fallait se faire une raison. Un jour, cela faisait presque deux mois que je n’étais pas passé, j’ai trouvé plusieurs courriers, mais j’ai vite vu que ces enveloppes ne m’étaient pas adressées. j’ai ouvert la boîte machinalement et maintenant je me rendais compte qu’il y avait un nouveau nom et même deux écrits au bic sur des étiquettes collées sur la porte. Des gens habitaient dans mon ancien chez moi.

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Quand personne n'a ...
par Pierre Prévost
Quand personne n’a le même nom, la même adresse,
ni la même maison,
pourquoi toujours la même boîte aux lettres ?
et la même fente pour les glisser ?
En mon absence voilà ce que dit cette petite maison
qui porte mon nom :
si tu t’en fous que ces petites boîtes soient toutes pareilles,
car ton semblable est ton voisin,
moi qui habite à côté aime afficher la différence,
pour éviter une mer d’ennui quand vogue la vie.
Doit-on brailler à l’unisson la même chanson ?
Prendre le même chemin pour aller chez les Romains,
Avoir les même mots pour tout vous taire ?
Le même nez pour vous séduire,
le même tarin pour faire le malin,
un seul espoir, le même gros lot,
une seule nouvelle une même info,
le même chanteur dans le magazine, le même refrain dans le magasin,
le même mâton pour les photos, la même prison quand nous fuguons,
la mêeême boîte aux lettres pour tout le monde,
et pour nous tous le même courrier à l’arrivée ?
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Dans ma boîte aux lettres j’ai trouvé : par Laure Payen-Mulliez
- un renard apprivoisé guettant une étoile
- une chanson d’amour heureux
- mille textes écrits et autant à naître
- une fenêtre ouverte sur demain
- des grains de sable ensoleillés
- un soleil d’hiver
- un rameau d’olivier
- des pétales de marguerite effeuillée pour toi
- un parfum de vent nouveauJe l’ai tapissée de douceur pour accueillir nos futurs.
Je l’ai enveloppée de chaleur pour la protéger des frimas assassins.
Je l’ai imprégnée de l’odeur des sous-bois en automne.
Je l’ai illuminée d’étincelles joyeuses.
Il reste de la place. Ecris-moi...
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La chaudière
Elle chauffe quoi ?
Elle chauffe comment ?
Comment, quoi
Une chaudière au gaz est indispensable !
Elle chauffe là ?
Elle chauffe ici ?
Ici, là ?
Une chaudière à pétrole est indispensable !
Elle chauffe quand ?
Elle chauffe où ?
Où, quand ?
Une chaudière à l’électricité est indispensable !
Elle chauffais hier ?
Elle chauffe aujourd’hui ?
Aujourd’hui, hier ?
Une chaudière au charbon est indispensable !
Mais elle chauffe qui ?
Ben sans doute les gens d’ici pardi !
Une chaudière à energie renouvelable est indispensable !

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Un samedi après-midi du mois de juillet
nous sommes allés nous promener
du côté de Saint-Martin-d'Abbat,
Nous avons admiré et nous nous sommes extasiés,
devant les magnifiques Boîtes aux Lettres :
« C'est une belle Boîte aux Lettres,
je pense que... les propriétaires,
Vendaient de l'essence avant !
Cette Boîte aux Lettres,
Elle est géniale !
A dit Gilles,
Le propriétaire, s'appelle
sûrement Monsieur Souris,
et peut-être même,
qu'il est Sapeur Pompier !
C'est bien de représenter
son nom et son métier
Avec une Boîte aux Lettres.
A déclaré Odile.
C'est un bouton d'or.
Une fleur de pissenlit.
Elle est belle l'abeille
qui butine la fleur !
A repris Anne.
C'est une vache ou un taureau ?
Non. Non. C'est une vache !
Avec des yeux bleus
et la langue rouge.
Madame et Monsieur,
votre boîte aux lettres
est parfaite.
Vous avez eu bien du courage
pour la réussir.
Bravo !
A continué Christian.
C'est une boîte très sexy.
Elle a un regard très...
très sensuel.
Elle a une belle forme.
Elle a un beau derrière.
La dame qui l'a faite,
elle l'a faite pour qu'on la regarde.
Elle est superbe.
A sifflé Gilles.
Un beau chat persan
apparemment
Avec des yeux de biche
Tiens !
Il est tigré.
On dirait que ce chat est assis sur la Boîte !
Ils doivent aimer
les animaux ceux qui ont fait la Boîte.
A soupiré Odile
Merci, Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les AbBaLtiens,
de nous offrir, ce merveilleux spectacle.
Nous, on n'a jamais vu
Un village, plein de Poésie et d'Amour
Comme le vôtre.
Plaisir des yeux,
ça nous fait rêver.
C'est le printemps
et c'est l'été
toute l'année
chez vous.
ont-ils lancé tous ensemble.
Revenus à Orléans au SAVS,
nous aussi, nous avons voulu personnaliser la nôtre,
Nous avons longuement réfléchi,
et nous avons voulu vous faire partager nos passions.
Notre première passion commence avec :
« Une histoire de Valises »
Participants des Papillons Blancs
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Dans la boîte aux lettres

Tu as remonté le courrier ?
(Silence)
- Tu me réponds ?
- Non
- Comment ça, non ?
- Non, je n’ai pas remonté le courrier.
- Mais enfin, pourquoi tu ne le fais jamais ? Ce n’est tout de même pas difficile de prendre du courrier dans une boîte !
(Silence)
- Tu m’écoutes ? Tu me réponds ?
- Oui, non.
- Oui, non, quoi ? Il faudrait savoir !
- Oui, je t’écoute ; non, je ne te réponds pas. (Le ton monte)
- Ah, tu ne me réponds pas ; c’est quand même formidable, ça !
- Écoute, ce n’est tout de même pas bien grave si je ne fais pas... ça.
- Et si moi, je trouve ça gravissime ? Merde, ça fait bien vingt ans que je le remonte, le courrier, moi ! Vingt longues années que je me le coltine ! Tu ne vas tout de même pas me dire que c’est normal, à la fin, un truc pareil ! Bon sang de bois, qu’est-ce qu’il y a avec cette foutue boîte aux lettres ? Tu as peur de trouver un scorpion à la place des factures ? Un nid de guêpes ? Un anaconda ? Ou quoi ?
- Ne dis pas d’âneries. Un anaconda ne tiendrait pas dans la boîte aux lettres ! Non, j’ai peur de, de...
- De ?
- De...
- De ? De ?
- De trouver un œil Un œil humain. Un œil humain vivant. Voilà de quoi j’ai peur.
- Mais c’est ridicule !
- Ah !... Tu trouves ça ridicule ?
- Ben, oui, complètement !... L’œil était dans la boîte aux lettres et regardait... Mais qu’est-ce que tu fais ?
- Je pars.
- Mais c’est n’importe quoi !
- Sans doute, si tu le dis...
(La porte d’entrée claque irrémédiablement.)

Laurence Mertz
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J’ai souvent traversé
J’ai souvent traversé votre joli village et ses célèbres boîtes à lettres, mais toujours en empruntant la nationale et sans jamais pénétrer à l’intérieur du centre de Saint Martin proprement dit. J’ai fait connaissance de ses nombreuses créations par un livre de bibliothèque que j’ai beaucoup aimé.
Votre imagination est sans limites et c’est formidable.
Mais les lettres que vous recevez sont-elles à la mesure de chaque boîte qui les accueille ? Peut-être me permettrez-vous quelques suggestions à ce sujet ?
En effet, vous pourriez demander à recevoir vos enveloppes en forme de cœur, de seau à lait (on dit aussi laitière je crois, mais j’ai eu peur que vous ne receviez une enveloppe en forme de vache, ce qui serait peut-être délicat à poster), de voiture ou de moulin (encore que pour celles-ci, un bon coup de vent et l’envoi serait facile). Imaginez la joie des boîtes et par conséquent, celle de leurs propriétaires, si chaque jour, au lieu d’ouvrir une banale enveloppe, on ouvrait la porte d’une petite roulotte, on enlevait le couvercle d’un pot à lait. Il serait plus sympathique de manipuler le bras de la pompe à essence plutôt qu’un banal coupe-papier et quel plaisir, pour le joli fessier rose et dodu, de recevoir une enveloppe en forme de petite culotte.
Et votre factrice ou facteur ne devrait-il pas porter une tenue plus en harmonie avec toutes ces petites merveilles pleines de couleurs et d’idées ? Chaque matin, lors de son passage, il saluerait une boîte à lettres en particulier en portant un uniforme qui rappellerait sa décoration. Et les ingénieux constructeurs parieraient sur la boîte qui serait l’élue du jour : ainsi votre valeureux agent des P et T serait un jour un marin breton pour honorer le phare, un autre jour, un boulanger, un vigneron, etc… Ce serait un vrai moment de bonheur, ne croyez-vous pas ?
Vous pensez que mes idées sont totalement farfelues ? Vous avez peut-être raison, mais la faute en incombe à vos magnifiques boîtes à lettres et au petit brin de folie qu’elles dégagent.
Mais cela ne fait pas de mal et cela pourrait attirer des curieux en quête d’un peu de bonne humeur, d’un peu de rêverie et de beaucoup de délire !
Vous avez prouvé, et avec quel talent, chers Abbaltiens, que l’imagination est votre royaume. Alors pourquoi ne pas en repousser les limites ?
Bien amicalement à vous.
Une non Abbaltienne par la géographie
mais Abbaltienne par les idées
Claude
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La porte Saint Martin... d’Abbat
La porte, là,
Apporte là

Porte au-delà
Ouverte...
Renseigne-toi,
Te porte en bois
Est verte ! (?)

Salut à toi,
Ami, peut-être !
Il boite aux lettres,
Notre Gaulois !
Tout vient de quoi ?

Mais vouloir être !
Avoir, ma foi,
Rire aux fenêtres...
Tenir son droit !
Il faut paraître !
Notre tournoi

Doit nous transmettre

Aux (riches choix !)
Boîtes aux Lettres
Bien des exploits
A faire naître
Ta porte en bois !


Acrostiche de Jacques Pilloy
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Je suis boîte à oiseaux
J’accepte parce que je suis une Boîte aux Lettres que le facteur dépose le courrier du propriétaire de la maison : c’est évident !
En temps que boîte à oiseaux , je lui demande, au facteur, pendant un temps, de respecter l’intimité de mes locataires : c’est comme çà !
Comme je suis écologiste, je refuse catégoriquement la publicité : c’est mon choix!
Puisque j’habite dans le village des Boîte aux Lettres je suis personnalisé : c’est normal
Je suis une Boîte aux Lettres abBaLtienne depuis avant même le lancement de cette aventure : c’est vrai !
C’est dire que j’ai quelques années derrière moi et cela se voit : c’est sûr !
Je puis vous assurer que j’en ai vu et entendu, par les touristes, les journalistes et des Abbatiennes et Abbatiens qui se promènent ici sur ce petit chemin bucolique où les voisins sont charmants : c’est une chance !
Je sais aussi que mes locataires et leurs petits, partout où s’envolent, sifflent plein de bonnes choses sur le village où ils sont nés : c’est merveilleux
Je suis une boîte à oiseaux dans le village des Boîtes aux Lettres
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L’amoureuse
Il l’a laissée, il l’a laissée, son amoureuse ! Et l’amoureuse,
l’amoureuse, elle, oh elle, elle n’avait que lui ! Oh, oui, elle ne voyait que... lui, que lui seul. Et pourquoi, pour qui il l’a laissée, l’amoureuse ? Pour une salope de l’autre tour ! Comme ça, pour rien, par caprice, par vanité, par ennui, par jeu.
Quand lui, lui... lui, oh, lui, il était son éblouissement !
Avec lui... Oh ! Avec lui, sous la langueur de ses mains d’homme, dans la chaleur de ses murmures, les tags, les odeurs de pisse, le CAP sans intérêt, les pauvres arbres mornes, les moues mauvaises de la mère, les combats de chiens dans les caves, les cassettes pornos, tout ce qui la tue fondait en une coulée solaire. Oh, oui, tout coulait, se dissolvait, disparaissait en un aveuglant flot de mercure liquide.
L’amoureuse, oh, l’amoureuse, elle remâche, et rumine, et tente
de réduire la peine en bouillie. Et elle remâche et elle rumine et cherche à fuir la douleur comme tant d’entre nous avant elle.
Mais rien, non rien, ne sait plus l’éblouir.
Tout, tout, tout plutôt que les tags, les odeurs de pisse, le CAP...
Tout plutôt que la violence des mecs, que les bruits enchevêtrés
des télés incessantes, que les regards en biais du père, que le
désespoir de la demi-sœur... Déjà la peur de rester clouée là
afflue, venue d’aussi loin qu'elle ; déjà l’air lui manque. Déjà, déjà, oui déjà... la mort lui glace les membres ; déjà la mort tétanise son âme frêle.
Il doit lui revenir, son amoureux solaire, il le faut, il le faut, il le faut absolument et l’autre salope, là, elle doit lui rendre son amoureux, oh oui, elle le doit, elle le doit, elle le doit...
L’amoureuse va lui faire peur ; elle va carboniser la fente de cette salope,
sa jolie fente, sa fente vulnérable, sa fente exposée.
L’amoureuse prépare les allumettes ; elle prépare l’essence ;
elle prépare les tracs publicitaires. L’amoureuse ne tremble
pas. L’amoureuse se dirige droit vers l’autre tour. L’amoureuse
mouille le papier d’essence, enfourne le papier dans la fente de
la boîte aux lettres, craque une, deux, trois allumettes, et la fente devient cramoisie, et le ventre de la boîte s’enflamme, et le bloc de boîtes aux lettres tout entier s’illumine. Le soleil éblouissant lui est alors rendu ; l’amoureuse immobile regarde ses vêtements s’embraser, la chaleur la lèche de nouveau, la
beauté des flammes la submerge et submerge la tour tout entière, et des corps se tordent, des corps se carbonisent, des corps tombent.
Quand les flammes hautes triomphent du ciel noirci, de l’amoureuse immolée, il ne reste rien que des cendres.

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Ma Boite aux lettres idéale ou rêvée
Avant de réaliser une boite aux lettres à mon image, il me semble indispensable d’établir un " cahier des charges " précis passant en revue les critères qui présideront à sa création
C’est d’abord un coffret de magicien dont la clé donne accès à l’autre, à celui ou celle qui vous désigne du doigt comme être vivant digne de recevoir un message établissant un trait d’union entre nos deux vies.
L’être humain est par essence condamné à vivre en groupes et aucune société ne fonctionne, et à fortiori n’évolue, sans la recherche permanente de la qualité de la relation entre les individus : ma boite aux lettres sera sélective : tous les gêneurs et les pisse-froids n’y auront pas accès ; pas de dépliants publicitaires racoleurs, pas de mauvaises nouvelles non plus, mais pour cela, le filtre reste à inventer !....
Je reprendrai aussi à mon compte la magnifique idée de la boite " spéciale factures ". Elle sera installée en bonne place, tout près de la boite principale, perchée sur un poteau de quatre mètres de hauteur.
Hautaine et sans fards, comme une femme, c’est sa richesse et sa beauté intérieure qui pourront la rendre séduisante !

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Boîte aux Lettres joyeuse
C e matin je suis d’humeur joyeuse. Je vais répondre à une lettre étrange, mystérieuse, écrite dans un style classique, phrase bien détachée, enveloppe couleur champagne, timbre bien choisi pour vous faire voyager.
Monsieur ou Ami,
Je ne sais comment me présenter, vous me faites détail d’un sujet qui me tient à cœur, ma Boite aux Lettres. Vous me dites bien la connaître. Est-ce vous qui déposez mon courrier dans ma boite décorée d’un vase composé de roses, bleuets, pensées ? J’ai retiré les épines pour qu’elles ne vous piquent pas.
Vous me dites avoir glissé au cœur d’une rose rouge à peine éclose un cœur. Ce cœur vient me dire qu’il voudrait faire un rapprochement de nos deux boites aux lettres.
Le détail de votre boite aux lettres me dites-vous, est décoré des quatre saisons .
Est-ce Vivaldi que j’entends ?
Je vous le dis, ma préférence est le Printemps, tout renaît à l’espérance, arbres, fleurs, prairies, les premiers chants des oiseaux qui se font la cour, comme vous le proposez à nos deux boites aux lettres.
Il serait bon, Bel Inconnu, de me faire une visite, la surprise sera-t-elle que nos deux boites aux lettres réunies crieront à tue-tête VIVE LES MARIES !
Monique Béran

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J’écrits en atelier
Boîtes aux lettres...
Des lettres dans les boîtes...
Des personnes qui écrivent ces lettres
et d’autres pour les recevoir et les lire !
C’est curieux l’écriture...
C’est comme un voyage par et avec des mots !
Petites boîtes pour grands mots...
Petits mots pour grandes boîtes...
Des mots pour décrire des maux...
Des boîtes pour mettre des choses...
Des boîtes et des mots pour rapprocher des gens !...
Cécile Vannière (musicagallica)

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Aux limites de l'Artique
Il y a ceux qui aiment la chaleur...
Moi, j'aime le froid
Quelle idée tordue, d'aimer le froid.
Si vous me demandez la raison de cette attirance pour la froidure, la bise, le frimas, la neige, la glace, les aurores boréales,
je vous répondrais :
"c'est comme ça !"
J'aime ces grands espaces calmes,
Silencieux, claires
qui m'inspirent le repos,
Le bonheur
Tranquilles et chaleureux, malgré - 40°C
Quant aux personnes qui vivent dans ces contrées,
Elles sont à l'image des paysages qui les entourent,
D'une douceur, d'un calme
Et d'un accueil hors du commun.
Vivre paisiblement, pacifiquement,
C'est ce que j'ai souhaité
Vous transmettre avec ma boîte à passion
Passion bien souvent mise en boîte
C'est le pays des merveilles...
Mais l'idéal serait de vous y rendre !
Et là, je peux vous en parler,
C'EST LE GRAND BONHEUR.
Une petite phrase pourrait accompagner ce texte :
« Le grand bonheur serait de partager cette passion avec l'être cher et y vivre encore de longs moments sous des aurores boréales.»

Christel Moullé 2006

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Notre Boîte aux Lettres
Notre plaisir à deux d’écouter de la Country
Nous a réunis.
Nous avons formé un cercle d’amis
de l’avoir
fait savoir
voyez ce qu’ils nous ont construit !
N’en restez-vous pas ébahis ?
Une diligence !
Une diligence ? une diligence ?
Eh oui ! la Well’s fargo
N’est-ce pas un beau cadeau
Et le cocher ? où est le cocher ?
Au saloon, en train de se désaltérer.
C’est mon artiste, mon maestro
Mon bel hidalgo !
A nous deux, quel duo !
Pause
demi pause
Silence. Soupir.
Désir, émotion,
Passion
Après une âpre journée
Les chevaux paissent dans les prés.
Nostalgie du courrier.
N’entendez-vous pas en regardant
Un petit air de Country entraînant ?
Je vous invite à l’échange,
Si le bout du pied vous démange.
Le voilà qui bat la cadence,
Vous entrez dans la danse ?
Qu’il est bon de se retrouver dehors,
Et de discuter devant notre décor
Avec les promeneurs
Les randonneurs
Nous recevons vos confidences
Autour de la diligence.
Mon texte comme ma boîte aux lettres est à contempler
Je vous laisse le soin de le commenter.
Martine H

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Elle boîte ta lettre ?
Elle boîte ta lettre ?
Chez moi j’ai une boîte où je range des lettres
Ah oui
J’en ai fabriqué une pour mon petit papa quand il était hospitalisé,
pour ne pas qu’il égare les courriers de soutien reçus.
Il s’agissait d’une boîte en fer, peinte en noir, parée de fleurs.
J’y avait écrit : “Mon papa chéri”
Elle est restée. Il ne reçoit plus de courrier personnel.
C’est à peine si les amis ou les membres de notre famille pensent à
noter M. et Mme Sandoz.
ce n’est pas parce qu’il ne peut plus parler qu’il ne sait plus lire !
Son cerveau est peut être endommagé, mais son cœur bat encore,
il aime recevoir des nouvelles et de l’affection.
Il souhaite encore communiquer, même à sens unique.
Ne le niez pas.

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Les deux condors
Au Jardin du roi, le 16 janvier 1762
J’ai reçu, Monsieur, la petite caisse que vous avez eu la bonté de m’envoyer par la messagerie d’Orléans et il faut me plaindre de ce que vous en ayez payé le port. C’était bien assez de la chose même, sans augmenter encore vos dons de l’argent qu’il vous en a coûté.
L’énigmatique oiseau fort artistiquement naturalisé m’a fait grand plaisir, et tiendra bien sa place au Cabinet du roi, où nous n’avons rien de semblable. Je ne puis donc, Monsieur, vous remercier assez de ce présent ; mais je ne voudrais pas vous engager à vous défaire en ma faveur des ossements vous restent, à moins que vous n’ayez la bonté de me demander en échange les choses qui pourraient vous être agréables. D’après votre description, je vous confirme que cette vilaine blessure à la patte est vraisemblablement cause de la mort de l’animal. Il a sans doute voulu se débarrasser à toute force et à grands coups de bec de l’étui d'or qui était solidement attaché au-dessus de sa serre.
Vous souvenez-vous d’un oiseau tué en 1719 par M. Déradin, beau-père de M. du Lac, à son château de Mylourdin ? Il pesait dix-livres et avait dix-huit pieds de vol ; il volait depuis quelques jours autour d’un étang ; il fut percé de deux balles sous l’aile ; il était porteur d’un tube d’or filigrané contenant un parchemin fait d’une peau que je ne sus point identifier et couverte de hiéroglyphes que personne ne sut déchiffrer. Il avait le dessus du corps bigarré de noir, de gris et de blanc, et le dessus du ventre rouge comme de l’écarlate, et les plumes étaient striées ; on le mangea tant au château de Mylourdin, qu’à Châteauneuf-sur-Loire ; il fut trouvé dur, et la chair sentait un peu le marécage ; à cette époque, j’ai vu et examiné une des moindres plumes de ses ailes ; elle était plus grosse que la plus grosse plume de cygne.
L’animal que vous m’avait envoyé est à l’identique. Vous m'accorderez qu’il est fort surprenant que l’on ait découvert à si peu de distance de Saint-Martin-d’Abbat, tant d’années après, le cadavre d’un second messager ailé en tous points semblable au premier.
Ces oiseaux singuliers sembleraient être des conturs ou condors. Il paraît par les indications des voyageurs que le condor du Pérou a le plumage comme une pie, c’est-à-dire mêlé de blanc et de noir ; et ces grands oiseaux lui ressemblent donc, non seulement par la grandeur mais encore par les couleurs ; on peut donc croire avec toute apparence de raison, que cette espèce principale, et première dans les oiseaux, quoique très peu nombreuse, est néanmoins répandue dans les deux continents, et que pouvant se nourrir de toute espèce de proie et n’ayant à craindre que les hommes, ces oiseaux fuient les lieux habités et ne se trouvent que dans les grands déserts ou les hautes montagnes. Ma perplexité était grande il y a presque quatre décennies ; ma perplexité s’accroît aujourd’hui qu’une deuxième bête soit venue mourir en ce village sans qu’on ait collecté
ni même signalé d’autres de ces condors entretemps. Quant aux indigènes échangeant leur courrier par la voie des airs, ils restent eux aussi à découvrir et leurs messages à décrypter.
Je ne puis, Monsieur, que vous offrir mes services, et vous assurer de la reconnaissance et du respect avec lesquels j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur .
Georges-Louis Leclerc de Buffon

(Ce texte s’est librement inspiré d’une lettre que
M. de Buffon adressa à M. de Puymarin
pour le remercier de l’envoi de pétrifications
d’éléphant et d’une anecdote que Buffon relate dans le chapitre consacré aux condors dans son grand ouvrage sur les oiseaux.
A l’époque, c’est ordinairement le destinataire qui, à la réception, payait le port des lettres et des colis.
Le Jardin du roi est l’actuel Jardin des plantes.)
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L'école de musique
Le regard en oblique
Et l’oreille en détour,
Comme il s’applique-plique
Oui devant son tambour,
L’élève de musique-sique
En soufflant comme un sourd !

Doit il charmer sa belle ?
Elle est sous la margelle !

Mais la musique-sique
Un attrait pour nos jours,
S’écoule aux alentours ...
Il est académique
Que la musique-sique
Unisse les couleurs
Et polisse les mœurs !

Acrostiche de Jacques Pilloy
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La boîte aux lettres
J’avais onze frères et sœurs à Saint-Martin-d’Abbat,
je m’en vais aujourd’hui, vous raconter leur vie :
Le premier trop gourmand fut une boîte à biscuit,
Le deuxième, sa vie par les deux bouts brûla.
Puisqu’il choisi d’être boîte d’allumettes,
En trois c’était “gamin” qui fut boîte à bonbon,
Le quatre ayant l’esprit des dentelles et des fêtes,
Devint boîte à cigare au service d’un baron.
Tout comme la cinquième, qui aimait trop les sous,
Habitant le seizième, devint boîte à bijoux,
René fut le plus sage, aussi le plus gentil,
Au service d’un garage, devint boîte à outils
Le sixième c’est Émile, amoureux du grand large,
Au service d’un pécheur, il devint boîte à sel.
Rêveuse fut la septième, d’Orient et de voyage,
Devint boîte à épices entourée de vaisselles.
Sa vie fut la plus courte, il avait un bon cœur,
Vivant en Normandie, on l’appelait Bé Bert
Ou l’existentialiste, et n’eut qu’un seul bonheur,
Celui d’un grand repas comme une boîte à camembert
Elle aimait la cuisine, mais n’aimait pas les coups,
Voulant être appréciée, de celle qu’on réserve
Pour les grandes occasions, elle sert de chamboule tout,
Au stand d’un forain, comme boîte de réserve.
Elle fait de chaque jour, un horizon sans fin,
La plus joyeuse vie fut celle de la Monique,
Je crois qu’elle vie toujours avec un musicien,
Puisqu’elle avait choisie d’être boîte à musique
Enfin il y a moi, qui n’ai pas trop bougé,
Aimant bien mon village et d’amis entouré,
J’ai vu le monde entier défiler en courrier,
Joies, peines, hivers, étés, et des gens par milliers.
Mais une belle histoire depuis quelques années,
Une nouvelle vie s’offre à moi en gaieté,
De couleurs décorées , en roulotte habillée
Au facteur je dirai, au monde vous conterez
Qu’il n’est jamais trop tard et qu’une destiné,
N’est surtout pas écrite, moi je peux le clamer,
qu’il n’est pas de bonheur sans rires et liberté,
En toute chose, richesse est d’être différent.
ça vaut pour les êtres, même pour une boîte aux lettres
Gill es Gargaud Février 2006

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Très Chère Wyborova !
Un grand merci pour ta gentille lettre.
Tu sais, depuis notre rencontre il y a trois mois, sur les remparts de Varsovie, je me suis rendu chaque jour à ma boite aux lettres avec un mélange de fébrilité et d’angoisse.
Je me sentais bien seul, presque mort-vivant. La solitude s’est refermée sur moi, un temps vide sans poids ni direction.
Mais ce matin, ta lettre me désigne du doigt : je suis à nouveau vivant !
A la limite, peu importe son contenu : tu interromps le sinistre tête à tête avec moi-même. Me voilà rattaché au monde, moi qui me croyais seul, me voilà à nouveau en vie.
Je prends ta lettre comme un objet que nous ne sommes que tous les deux à partager. Une bouffée de joie monte à ma gorge : si tu as pris la plume, tu as déjà cédé, ta main en signant s’est rendue.
Comme le dit notre poète Victor Hugo, " la lettre, c’est un baiser qu’on envoie par la Poste ".
Considère cette réponse comme prenant cette affirmation au pied de la lettre……
J’attends ta prochaine missive avec grande impatience.
Je me sens déjà moins seul……..
Edouard
P.S. Je ne te cache pas que j’apprécie énormément la syntaxe et le rythme de la langue serbo-croate : même écrite, la poésie transpire de chaque mot. Néanmoins, si dans ton prochain courrier, tu pouvais me gratifier de quelques phrases en dialecte des carpates encore utilisé dans ta région d’origine par une poignée de montagnards, je me sentirais encore plus au cœur de ta nature profonde.

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Saint-Martin-d’Abbat , le village des Boîte aux Lettres ?
Voilà qui est digne du village “peuplé d’irréductibles gaulois” qui veut résister aux envahisseurs, genre fax, sms, www.com. Une gorgée de potion magique et je mets le cap sur ce phénomène. Pas le temps de m’émouvoir par la tendre et fragile fleur de chemin, courtisée par le papillon aux ailes mauves, ni par le tirelireli des oiseaux qui lui donnent la sérénade. Pas le temps de m’engoisser en m’enfonçant dans la sombre futaie qui pointe vers le ciel ses hautes ramures ; ni de m’enivrer du bouquet d’odeurs que le sous bois exhale sous mes pas. Je traverse une montagne, mais me garde bien de faire comme la petite chèvre de Monsieur Seguin ; le soir tombe, sombre et bleu, la montagne devient violette, s’enveloppe de brune ouaté, j’entrevois à peine les remontées mécaniques de la station de ski ; un hibou me frôle dans son vol de nuit... je passe mon chemin. Les bohémiens ont installé leur campement dans la plaine. Le vent rabat vers moi leurs rires, leurs champs et la bonne odeur, qui s’échappe en volutes, de la marmite léchée par les flammes du feu de bois. Snif, snif. Je me souviens alors du triporteur, croisé plus tôt, chargé d’appétissants légumes... Le jour pointe à peine, je descends sur une grève de la rivière Loiret. Brise matinale, bleu du ciel, vertes rives et, sur un rocher une naïade, visage levé vers le ciel, s’abreuve de la dernière rosée de lune. A ma vue, elle plonge dans l’onde limpide, une dévoilant la face rose et ronde, la plus charnue de son anatomie. Dans les prairies en fleurs, les vaches paresseuses et gourmandes me cligne de l’œil en faisant tinter leur sonnaille. Stoïque, je résiste aussi à l’attrait du bol de lait.
Je croise l’attelage d’une vigneron, il rentre sa vendange ; les comportes regorgent de grappes noires et sucrées. “Le vin sera bon cette année”, me lance-t-il, le le visage rubicond, “on pourra faire la fête pour la Saint Valentin, et Saint-Martin-d’Abbat sonnera pour un mariage”. Le village est enfin en vue. Tant était grande ma curiosité, que je venais de traverser la France, sans daigner y jeter un regard émerveillé, et là, me faisant un pied de nez, il me renvoyait avec ses Boîte aux Lettres décorées, aux paysages, aux coutumes, à l’esprit et à la poésie, si bien chantée de notre “douce France”
Gilberte, une agathoise (région de Montpellier)

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A mon Sieur not’e Sauveur
j’voulions Vous r’mercié d’Votre aide pendant l’procès
j’voulions juste Vous écrire pour les remerciments de l’aquitemen au tribunal mais v’la qu’y s’trouve qu’à c’tte heure, sa va point ét’e possible
Les Espris m’sont aparu en rève et m’ont peiné fort
m’ont obligé à Vous envoyé les PouPés d’la Mort dans V’te boite à lette
y z’étai en ben grande coler et y M’ont ditAh ! Il méprise l’occulte, celui-là. Ah ! Il ose se moquer de toi, il ose prétendre que notre serviteur est impuissant, mégalomaniaque, vaguement gâteux, quasi débile. Alors que tu es notre meilleur intermédiaire depuis des lustres et des lustres. Meilleur même que le vieil Olon Mertz ! Eh bien, il va voir ce pauvre type, cet ahuri d’expérimentaliste si on ne peut pas exterminer son prochain rien qu’en lui expédiant des trucs, des machins et des bidules dans sa foutue boîte aux lettres ! Ah, ça oui, il nous a gonflés et maintenant il va nous le payer cher ! La science, hein, une fois, ça passe ; deux fois ça lasse ; trois siècles, ça casse.
Tu vas envoyer les Poupées de la Mort lente à ce scientifique rationaliste de nos deux. Et bien dans l’ordre, hein, qu’il aille pourrir au fond d’un de ces marais fort putrides dont l’Enfer a le secret. Qu’ils y croupissent pour l’Éternité, lui et sa satanée science. Seule sa mort affreuse apaisera notre rage ancestrale. Tu commenceras par la Poupée Verte, celle qui semble la plus jolie, la plus inoffensive et tu la rendras exceptionnellement féroce ; pour ce faire, tu y mettras la Vipère cornue des marécages et la Grenouillette venimeuse à la Flèche aiguë, le Filgiril brillant et les plantes idoines. Tu fabriqueras ensuite la Poupée Écarlate : tu y ajouteras un de ces gros limaçons pourpres et tu veilleras à n’oublier ni le sang de coq noir ni la poudre de momie. C’est classique, tu connais ça par cœur. Pour la Poupée Bleue couleur des fièvres et pour la Blanche, couleur d’ossements, tu œuvreras également comme à ton habitude. A la Noire, couleur de la Grande Peste, tu adjoindras un rat. Choisis-le particulièrement dodu. Tu parachèveras ton œuvre avec la Poupée Dorée, la plus malfaisante de toutes. Pour elle, tu te procuras l’or des défunts au Climat des trépassés, l’orchicalque mythique te sera remis par un messager.
Tu te mettras à l’œuvre dès l’aube que ce médiocre taré, ce chien putréfié aille mariner pour des siècles et des siècles le plus vite possible. C’est ainsi que nous l’avons décidé et c’est ainsi que tu nous serviras.
la mémé elle m’dit qu’les Esprits ont ben toute la bonne cause qu’Vous n’croié point aux sorciers et point à la sorcellerie et qu’c’est point Vot’e affaire de témoignage qui m’a oter d’la prison
qu’c’est juste pa’ce que Vous avé dit que c’était point pensable de tué rin qu’en jetan des sorts
la mémé elle m’a ben dit qu’j’ai don point besoin de me fondre en remercimens
Moi, j’pensions tout d’mêm qu’j’suis ben redevable
J’somme don allé voir l’aieul au cimeterre, j’nous somme culté dessu sa tombe et j’avons attendu que l‚aieul, y veuille ben m’causé
J’avons attendu deux nuités dans l’frais et l’pépé a ben été d’mon avis j’vous
dois ben queque chose attendu qu’j’somme pus en geole l’ancétre a décrété que
j’devions vous envoyer tout d’un coup d’un seul c’tes Poupés infernals pour qu’Vous souffrié point l’agonie d’une béte pendant des mois les Espris n’ont point parlé d’ça, juste de l’ordre à suivre, qu’il a dit l’Arrier Gran Pépé
Sur de sur qu’Y s’ront point trop guillerets mais attendu qu’té leur meilleur Sorcier à c’tte heure, y seront point trop coler n’ont plus
j’ai don fait comme le Vieux y m’a di Pour de sur j’suis ben navré

Marcel Amyot

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Les Ecrivants de l'Atelier d'Ecriture " Encre et Plume " du RŽseau d'Echanges RŽciproques de Savoirs du quartier de l'Argonne ˆ OrlŽans Agns, Anne-Marie, Bernadette, Claude J., Claude P., Didier, Elisabeth G., Elisabeth M., Fabienne, Isabelle, Jacqueline, Jamila, Jocelyne, Julie, RenŽe.
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BaL girouette
Bal girouette
dis-moi
quel temps fait-il ?
silhouette fragile
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
chantes-tu pour la lune ?
silhouette crécelle
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
reconnais-tu les étoiles ?
silhouette rêveuse
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
aimes-tu le soleil ?
silhouette colorée
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
copies-tu les nuages ?
silhouette dentelle
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
craints-tu la pluie ?
silhouette mouillée
qui tourne, tourne, tourne
Bal girouette
dis-moi
d’où vient le vent ?
du nord, de l’est, du sud, de l’ouest ?
silhouette coquette
qui tourne, tourne, tourne
dis-moi
d’où vient le vent
jolie girouette.
Michel Lafeuille 1983-2005

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Lettres aux AbBaLtiens et AbBaLtiennes
Chers AbBaLtiens,
Monsieur Lafeuille,
En vacances dans votre région, j'ai lu en entrant dans votre village, le poteau indicateur et je me suis souvenue avoir vu à la télévision un reportage sur votre spécificité. Curieuse de nature, je me suis arrêtée et j'ai arpenté vos rues si joyeusement décorées.
Si ma mémoire est bonne, c'est vous qui auriez eu cette idée de personnaliser les boîtes à lettres et d'en faire un challenge. Que d'imagination, que d'adresse déployées pour arriver à ce résultat. Mais aussi que de patience vous a-t-il fallu pour persuader les habitants de vous suivre dans cette idée au début quelque peu farfelue !
De simples boîtes à lettres, celles-ci sont devenues, au fil du temps de petits chefs-d'œuvre d'originalité et d'art populaire. A elles seules, elles ont fait connaître votre village au monde entier. Une idée, du bon vouloir et du talent, tout était là pour la réussite.
Vous, Monsieur Lafeuille, et tous les AbBaLtiens pouvez être fiers, Saint-Martin-d'Abbat, inconnu hier, est aujourd'hui célèbre.
Alors félicitations et encore merci.
Enoprène
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Chers habitants
J’ai eu le plaisir de passer dans votre village que je ne connaissais pas, et j’ai découvert ces jolies boîtes à lettres aux formes différentes. Ceux qui les ont inventées ont eu une idée géniale, cela change de l’ordinaire.
Vous devriez les mettre en exposition pour que d’autres les voient, car c’est dommage de cacher au public toutes ces richesses. Vous avez eu du courage et de la patience pour réaliser ces jolies choses et si vous les exposez dans différents lieux vous attirerez beaucoup de monde. Les personnes aiment voir ce qu’elles ignorent, et qu’elles ne verront sûrement nulle part ailleurs car votre village boîtes aux lettres est seul et unique sur la planète et vous devez en être fiers, j’en suis certaine, car moi à votre place je le serais.
Et puis vous savez une si jolie création rien ne la détruira, car vous y avez mis tout votre cœur et cela n’a pas de prix et dans cent ans vos boîtes seront toujours là, car vous le savez la beauté de la création est immortelle.
Et si votre maison pouvait ressembler à votre boîte à lettres la vie serait peut être formidable, mais ne la faites pas en miniature car vous n’aurez pas assez de place. Et si pouviez réaliser cela vous serez sûrement élu plus joli village du monde. J’en suis sûre car il en faudra bien un et bien je vous le dis ce sera le vôtre, je l’espère de tout mon cœur.
Lisete Agard

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Chers habitants
Eh bien quelle affaire ! Vous voilà devenus des citoyens de renommée mondiale pour cette chose que l’on nomme : " boîte à lettres " !
C’est bien cela qui fait que vous n’ êtes pas comme les autres, du moins vos boîtes à lettres. C’est que vous, les vôtres, vous ne les avez pas achetées comme la plupart des Français dans un magasin de bricolage, mais vous les avez fabriquées de vos mains.
Il faut dire que ce n’est pas banal une boîte à lettres : c’est l’objet qui retient souvent toute notre attention, l’objet que nous allons regarder chaque jour pour prendre le journal déposé par le porteur, ensuite après le passage du facteur .C’est parfois plusieurs visites que nous lui faisons.
C’est avec anxiété ou avec joie, lorsque ce sont de bonnes nouvelles, mais ce n’est jamais avec indifférence.
Donc dans votre village vous lui avez donné un habillage qui est à la hauteur de la considération que vous avez pour elle. Elles sont rigolotes, fantaisistes, pratiques, osées ! grandioses, écolos, bref on peut deviner l’esprit, l’imagination, qui a motivé chacun d’entre vous, avant de vous lancer dans leurs réalisations.
Cela a dû être une vraie compétition dans le village ! Qui allait réaliser la boîte à lettres la plus remarquable ?
C’est vrai qu’elles sont différentes avec une telle originalité mais elles sont toutes aussi belles, de la plus discrète à la plus somptueuse.
Peut-être cela pourrait-il donner l’idée à d’autres villages, ou à tous les habitants, ce qui serait aussi plus agréable pour le facteur.
En espérant vous revoir bientôt, recevez mon amitié.
Bernadette

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Je reçois ta photo et je t’écris.
Je une technicien branché Internet
Informaticien sérieux et attentif
Répondant au téléphone………….
Voilà comment je te découvre
En ouvrant l’enveloppe …… Las !
Et la poésie bordel !
Où est-elle ??
Es-tu perméable aux mots flammes,
Aux mots images, aux mots joyeux,
Aux mots chanson d’amour,
Aux mots fous, aux mots doux,
A tous ces mots colorés par nos émotions,
Nos désirs, nos attentes tremblées ?
Tous ces mots dont seule une écriture familière,
Couchée sur le papier permet d’évaluer leur pesant d’or....
Des moi ces mots peux-tu encore les goûter, les goûter vraiment ?
Tu sais l’écriture informatique ce n’est jamais que de l’écriture informatique !
Philomène

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Dans ma boîte aux lettres j’ai trouvé :
- un renard apprivoisé guettant une étoile
- une chanson d’amour heureux
- mille textes écrits et autant à naître
- une fenêtre ouverte sur demain
- des grains de sable ensoleillés
- un soleil d’hiver
- un rameau d’olivier
- des pétales de marguerite effeuillée pour toi
- un parfum de vent nouveauJe l’ai tapissée de douceur pour accueillir nos futurs.
Je l’ai enveloppée de chaleur pour la protéger des frimas assassins.
Je l’ai imprégnée de l’odeur des sous-bois en automne.
Je l’ai illuminée d’étincelles joyeuses.
Il reste de la place. Ecris-moi………….
Laure Payen-Mulliez

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Chère Philomène
Tu veux de la poésie, où est-ce que ça mène ?
Quand je lis ta lettre, j’ai l’idée que tu vis sur une autre planète, ou alors au temps de nos grand-mères
Tu veux que je te chante des mots d’amour, des mots colorés par nos émotions, c’est du bidon tout ça. Tu n’as pas encore compris que les " désirs " les " attentes tremblées " comme tu dis, c’est personnel. Ca s’étale pas dans une lettre comme le choco sur une tranche de pain.
Il faut être réaliste ma vieille, pas perdre de temps en balivernes. Sois contente que je sois sérieux et attentif, il y a plein de mecs qui t’auraient déjà larguée comme une chaloupe de sauvetage.
Et qu’est-ce que tu racontes avec ton goûter ? J’y comprends que dalle. " Dis moi ces mots, peux-tu encore les goûter, les goûter vraiment ? " Tu dis qu’une écriture familière couchée sur le papier permet d’évaluer leur pesant d’or. Ca veut dire quoi ? On dirait les cours de la Bourse…Ce matin, à l’ouverture des marchés, " l’écriture familière " est remontée de deux points. Hourrah ! Qu’est-ce que tu me reproches ? D’être branché Internet ? Si toi t’es pas branchée, t’es nulle ma vieille. Je ne vais pas manquer l’avion parce que tu aimes te promener à dos d’âne ?
Si ma modernité te rend si malade, tu peux aller te choisir un mari en Afghanistan, je suis sûr qu’il te laissera aller à dos d’âne. Et tu auras droit aux mots " flammes ", aux mots " fous " et à tout ce qui va avec. Pauvre fille, Philomène, arrête de débloquer et envoie-moi un message sensé. Je laisse mon GSM allumé jusqu’à demain midi pour réceptionner ton repentir.
Bisous,
Aristide.
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Le collectionneur de boîtes aux lettres
Je collectionne des boîtes aux lettres
J’en ai
Une pour mon chien,
une qui déménage tout le temps,
une qui enguirlande le facteur,
une enrhumée qui éternue sans cesse,
une qui collectionne les timbres,
une qui écrit chaque année au Père Noël,
une qui est pleine d’eau,
une qui n’a pas de nom,
une qui sert de nid à une famille d’oiseaux,
une qui passe son temps à se peindre et se repeindre,
une qui refuse la publicité,
une qui parle, qui chante, qui rit,
une énorme qui me sert de poubelle,
une qui ne veut pas rendre le courrier qu’on lui confie,
une qui a avalé un paquet qu’elle a du mal à digérer,
deux qui s’échengent leurs lettres une fois le facteur passé,
une qui me ressemble,
et une qui attend la lettre que tu vas m’envoyer pour me dire si toi aussi
tu fais collection de boîtes aux lettres.
Michel Lafeuille 1983

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Les Bal se déchaînent !
L'affaire avait commencé de plaisante façon et les titres des journaux s'étaient voulu décontractés. « Du rififi dans les Bal », « Les Bal se rebiffent »,
« Les Bal dansent la gigue », « Touche pas aux Bal ! », telles furent les manchettes qui s'étalèrent à la une des quotidiens pour le plus grand plaisir des lecteurs avides de sensations. Mais voilà ! Aujourd'hui, hélas, il n'y a plus guère matière à rire. Comme chacun sait, depuis que les courriers mail sont devenus impraticables puisque des cytomégalovirus mutants, aussi insatiables qu'incontrôlables, dévorent chaque jour un peu plus le réseau Internet, la boîte aux lettres traditionnelle est revenue à la mode. Améliorée nanotechnologiquement en vue de sélectionner le courrier et génétiquement modifiée à l'ADN de vers marins pour que soit avalé et recyclé le papier superflu, la « Bal de mémé », dite Baladen® (commercialisation : BALADEN XXIII®), connaît un regain de faveur certain.
Las ! On ignore encore précisément ce qui s'est passé mais les Baladen® ont muté. Notre enquêteur a d'ores et déjà découvert que ces Nanogem® n'ont pas bénéficié des mesures de contrôle habituel. Les industriels ont fait pression sur le Haut Comité d'éthique pour que les autorisations nécessaires de mise sur le marché soient réduites a minima... comme d'habitude. Certes, les Nanogems®, n'usant pas de gène mémoriel de mammifère, présentaient à priori un danger moindre que les Clonogem®. Tous en effet gardent en mémoire la révolte des Drones-Orang-Outans génétiquement modifiés à la Ciguë et à la Chauve-souris de la vingt-septième génération (commercialisation : DOCS 27®) qui fit des ravages monstrueux dans les rangs de l'Armée asiatique unie. Ou l'effroyable affaire des bébés-nageurs clonés OGM Poulpe Géant (commercialisation : BABY KRAKEN SA®), conçus pour l'extraction minière en grande profondeur, qui avaient osé détruire la cité sous- marine PacificEden XVII®, faisant des millions d'innocentes victimes parmi les Humains Purs®. Ces insurrections, impitoyablement réprimées par l'exécution de quelques-uns de ces Clonogems® hors de prix et par la lobotisation des autres, avaient contraint les gouvernements à prendre des mesures drastiques en matière d'inhibition, de mutation et de stérilisation des Clonogems® (commercialisation : BRAINSTOPPINGINC.®). Les industriels et les dirigeants ont semble-t-il la mémoire courte ! Encore faut-il ajouter que BRAINSTOPPING INC.® est coûteux et que les associations de consommateurs elles- mêmes n'insistent pas pour qu'il soit greffé systématiquement dans chaque produit.
Et le danger est donc venu de là où personne ne l'attendait. Les Baladen® ont entamé très innocemment les hostilités en perturbant simplement la distribution du courrier. Nombre de plaintes pour lettres non reçues, puis de heurts violents entre facteurs injustement accusés et usagers mécontents ont permis de mettre en évidence cette déviation mais aucune mesure ne fut prise. Les rumeurs relatives à un trafic de Baladen® OGM Chimpanzé, quoique persistantes, furent également ignorées. Négligences fatales ! Les Baladen® entreprirent dès lors de détruire l'intégralité du courrier tout en ingérant les informations contenues dans les puces à lecture électronique 0147-33-F® et en transmettant des informations subtilement trafiquées, ce qui donne à croire que leur mutation n'est pas banalement organique mais dangereusement intelligente. A l'heure actuelle, les Baladen®, sans aucun scrupule, s'attaquent férocement à leurs légitimes propriétaires et aux postiers ; on ne compte plus les doigts sectionnés, les poignets coupés. Il semblerait que la mutation des Baladen® soit exponentielle : on a commencé à signaler des bras entiers arrachés, des visages happés. A PARIS CITY®, un vieil invalide a même été saisi à la gorge, déchiqueté et vidé de son sang (commercialisation : BLOOD BOAR 388 SA®). Selon nos dernières informations, tout le réseau de communication mondial est en voie d'effondrement sans qu'aucun spécialiste nanogem ne soit en mesure d'élaborer une solution, hormis l'extermination de masse implacablement mise en place par nos gouvernements depuis avant-hier. Mais les troupes d'Androïdes Meg 25 OGM Serpent/Scorpion WARRIORKILLER® réquisitionnées pour cette mission ont dû quitter le front de combat arctique où près d'un milliard de Chimères® venimeuses (commercialisation : GOAT-SPIDER AF 004576®) échappées des usines textiles menacent d'envahir l'Union Paneurindienne. Les Androïdes Meg 367 OGM Serpent/Méduse WARRIORKILLER INC.® ne peuvent en aucun cas être délestés du front ouest où les féroces assauts des Clones réserves NANOTECHNorganiques® sont incessants.
A l'évidence, la situation n'est absolument pas sous contrôle. Selon le professeur Léon Qin Shi Huang-Connely, éminent Spécinanogem® sino-américain, les Baladen® recyclent chaque morceau de viande humaine dévoré, en utilisent l'ADN-1® et accroissent ainsi à grande vitesse leur potentiel physiologique. Elles sont déjà branchées en réseau. Il est plus que probable qu'elles s'interconnecteront sur le Net d'une heure à l'autre sans qu'aucune riposte humaine ne puisse être véritablement programmée d'ici là. Dès lors, M Qin Shi Huang-Connely estime à 98,9 % leurs chances de parvenir à un stade d'autonomisation supérieure. Rien ne pourrait plus empêcher leur alliance avec les cytomégalovirus du Net. Nous entrerions alors dans une crise majeure. Autrement dit, la guerre des Baladen® a peut-être déjà commencé.
Laurence Mertz

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